Préservation du lac Tchad: Le BIOPALT sur les fonts baptismaux

Vendredi, 9 Mars, 2018

En marge de la Conférence internationale sur le lac Tchad (Abuja : 26-28 février 2018), s’est tenu le lancement du BIOPALT (BIOsphère et PAtrimoine du Lac Tchad).
Financé par la Banque africaine de développement (BAD) et conjointement mis en œuvre par la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) en partenariat avec l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture), le BIOPALT ambitionne de dresser un état des lieux des ressources hydrologiques, naturelles, socio-économiques et culturelles du lac Tchad. Il vise aussi à renforcer les compétences locales en matière de protection des ressources naturelles et culturelles, à mener des actions pilotes de réhabilitation de certains écosystèmes et à promouvoir une économie verte.
D’une durée de trois ans, le projet travaillera en étroite concertation avec les populations locales, et prévoit notamment de contribuer à la réhabilitation des corridors de migration de la faune sauvage -notamment des éléphants- entre le Tchad, le Cameroun et le Nigéria, à la préservation des oasis et à la lutte contre l’assèchement des points d’eau.
Il s’emploiera aussi à développer les activités génératrices de revenus comme la production de spiruline, une algue verte traditionnellement récoltée par les femmes, et soutenir efforts en faveur de la préservation de la vache kouri, espèce emblématique et endémique du lac Tchad aujourd’hui menacée.

A terme, il s’agit aussi d’aider les pays riverains du lac Tchad à travailler ensemble pour remplir des critères de bonne gestion et de préservation des écosystèmes en vue de présenter la candidature du lac comme réserve de biosphère transfrontalière et comme site du patrimoine mondial.
Carrefour entre le Sahel et l’Afrique centrale, bordé par quatre pays (Cameroun, Niger, Nigeria, Tchad), le lac Tchad est aujourd’hui à la croisée de multiples défis environnementaux, économiques, politiques  mais surtout sécuritaires, notamment avec l’avènement du groupe terroriste Boko Haram.
En un demi-siècle, le bassin du lac Tchad – importante source d’eau douce faisant vivre près de 50 millions de personnes – aurait perdu jusqu’à 90% de sa surface en eau, selon certaines estimations scientifiques. D’où des impacts considérables au niveau des écosystèmes et de toute l’économie régionale, avec à la clé fragilisation des populations, insécurité alimentaire et insécurité tout court.