Inauguration de la station radiophonique «Dandal Kura» de N’Djamena: «La voix de la paix plus audible que la voix de la violence !»

Lundi, 14 Août, 2017

C’est dans une atmosphère rafraichie par une bienveillante ondée nocturne que s’est déroulée la cérémonie d’inauguration de la radio Dandal Kura International de N’Djamena. L’évènement s’est tenu dans l’enceinte de la Force multinationale mixte (FMM), parrain de la radio, à Farcha Milesi (N’Djamena) ce mercredi 9 août 2017, en présence d’une foule nombreuse dont le Secrétaire exécutif de la CBLT, le Commandant en  chef de la FMM, les Représentants de la Force Barkhane et de la Cellule de liaison et de coordination, le Représentant du Haut Conseil de la Communication du Tchad et de nombreuses autres personnalités civiles et militaires.
Deuxième du genre, après celle de Maiduguri (Nigeria), en janvier 2015, Dandal Kura – Lieu de rencontres en langue kanuri, majoritairement parlée dans le bassin du lac Tchad – ambitionne de briser l’enclavement médiatique du bassin  du lac Tchad, notamment les régions soumises au joug de la propagande du groupe terroriste Boko Haram, et d’opposer à sa rhétorique de haine et de violence des messages de paix, d’amour et de citoyenneté responsable.

Emettant en ondes courtes, susceptible de les barrières et les états, Dandal Kura N’Djamena diffuse quotidiennement un programme de deux heures en langue kanuri parlée non seulement au Tchad mais également au Niger, au Nigéria, au Nord Cameroun et dans la région du Lac Tchad où cette langue est également parlée. Les émissions qui traitent aussi bien des actualités générales que de sensibilisation ou de conseils contre les agissements de la nébuleuse terroriste viennent ainsi combler un vide dans la mesure où l’essentiel des médias dans ce vaste espace géographique partagé entre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad utilisent l’Anglais ou le Français, accessoirement le Hausa, alors que la majorité des interlocuteurs ici parlent le Kanuri. L’idée, à terme, est de disposer d’une série de radios locales constituées à en un pôle régional, émettant dans les principales langues du bassin, sur les préoccupations pressantes de ces populations, avec des informations fiables, de qualité et opportunes sur les dynamiques sécuritaires, humanitaires et de développement de toute la zone dans son ensemble, dans le but évident de parvenir à une véritable cohésion communautaire dépassant les virtuelles lignes frontalières, c’est-à-dire d’aider à faciliter la mise en œuvre des objectifs poursuivis par la CBLT.

Avant de procéder à la traditionnelle coupure de ruban, le fondateur de cette radio, tout comme le secrétaire exécutif de la CBLT, le Commandant en chef de la FMM, le Représentant du ministère danois de la coopération ainsi que le Représentant du Haut Conseil de la communication du Tchad, ont, tour à tour pris la parole, pour unanimement rappeler l’important rôle que peuvent jouer les médias et les journalistes dans la prévention de la violence et de l’extrémisme violent, ainsi que dans la sensibilisation des populations à la culture de la paix et pour la mise en valeur d’initiatives concrètes et alternatives à la violence.

Le Secrétaire exécutif de la CBLT, Chef de mission de la Force multinationale mixte, a ainsi rappelé l’importance de la prévention et la nécessité d’impliquer les acteurs majeurs comme les médias et les journalistes pour mieux informer l’opinion publique sur le phénomène de l’extrémisme violent, pour contribuer à une compréhension des multiples causes qui conduisent à la violence, et surtout, pour inviter tout un chacun à considérer et à s’engager dans des initiatives concrètes qui offrent des alternatives à la violence, avant de relever quelques-unes des missions devolues à Dandal Kura dont celles de « sensibiliser et mobiliser les communautés de base pour la mise en œuvre des programmes et projets de développement, d'appuyer et accompagner les activités de développement socio-économique et culturel de la CBLT, au niveau local, de contribuer à la promotion des langues nationales et de rapprocher davantage les populations du bassin du reste des communautés de ce vaste ensemble».

L’ingénieur Sanusi Imran Abdullahi a saisi cette occasion pour remercier les différents partenaires qui accompagnent la CBLT et ses états membres pour assurer la sécurité, la stabilité et le développement de cette partie du monde aujourd’hui en butte au triple défi écologique, économique et sécuritaire. Il a aussi exprimé le vœu de voir le bébé grandir et s’affirmer dans la contribution aux initiatives de déradicalisation, de promotion des voix modérés, du principe de l’égalité des chances, du dialogue et de la solidarité, au-delà des frontières, par l’autonomisation des jeunes femmes et des jeunes hommes, etc. Car, la radio, judicieusement utilisée, peut être une des formes de « puissance douce » à même de prévenir les menaces provoquée par des interprétations faussées de la culture, par la haine et par l’ignorance, etc.