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Présentation du lac Tchad
Introduction


Le bassin du lac Tchad occupe une surface de 2 300 000 km2. Il se subdivise en bassins endoréique secondaires dont le plus vaste est celui du lac Tchad (entre 6° et 20° N, 7° et 25° E), vestige d’une vaste étendue lacustre équivalente à la mer Caspienne qui existait il y a 600 ans B.F.
Le lac Tchad est alimenté par le Chari grossi du Logone dont le versant occupe près de 700 000 km2 et présente de vastes plaines aux reliefs monotones envahis par les eaux au moment de la crue. A l’ouest, un autre tributaire, la Komadogou Yobé, traverse également une plaine marécageuse.
Le lac Fitri, bassin endoréique secondaire alimenté par le Batha, est une réplique miniature du lac Tchad. Ce lac est situé dans l’extrême sud-ouest de la préfecture du Batha. La superficie du la Fitri varie de 45km2 à l’étiage à 600km2 à son extension maximale. La surface inondée peut atteindre 1.000 km2. Le niveau d’eau varie de 280 à 290 mm au dessus du niveau de la mer. Il atteint son maximum de profondeur en fin septembre : 1,5-2,00 m. Depuis 1900, le lac Fitri a tari trois(3) fois, soit en moyenne une fois tous les trente ans, la dernière fois a coïncidé avec la sécheresse de 1984- 1985. Il constitue la station terminale de l’écoulement du fleuve Batha et de quelques cours d’eau locaux. Selon le Sultan du Fitri El hadj Akélélé, le lac tire son nom de cette position qui constituerait un point de repos pour les eaux du Batha.
Enfin, les déversements du Logone sur sa rive gauche donnent naissance aux lacs Toubouris drainés à l’aval par le Mayo Kebi, affluent de la Benoué. Ce trait d’union entre les bassins du Tchad et du Niger est considéré souvent comme appartenant au bassin du Niger.
Il n’est bien entendu pas de décrire dans le détail les différentes zones humides du bassin tchadien pour  lesquelles, à l’exception du lac proprement dit, on ne possède généralement que très peu d’informations.


Situation


Le lac Tchad est partagé entre le Tchad, le Niger, le Nigéria et le Cameroun. Il est compris entre le 12° et 14° 20 N, 13° et 15° 20 E. Le plan d’eau est à l’altitude de 283 m.
Surface
Le lac Tchad, suivant les fluctuations climatiques, occupe tout ou partie d’une cuvette endoréique de 25 000 km2. La cuvette tchadienne s’étend sur 2 300 000 km2 entre 5° et 25° N, 7° et 25°E.
Actuellement les bassins d’alimentation sont ceux du Chari et de Logone situés dans la partie méridionale de la cuvette et qui ne représentent que 25% de la superficie totale de celle-ci.
Paysages
Le lac Tchad occupe une partie d’un erg orienté SE-NW. Il est entouré de dunes sur toute sa côte orientale. Le relief est extrêmement plat, à l’exception des rochers d’Hadjer el Hamis d’origine volcanique. Il présente trois grands types de paysages.

  • Des îles très nombreuses sur la bordure orientale qui correspondent au sommet exondé des dunes de l’erg immergé.
  • Des îles de végétation, enracinées ou flottantes, dénommées îlots bancs (Cyperus papyrus et Phragmites principalement).
  • Des zones d’eaux libres.

 

Morphologie


Le lac peut être divisé en une cuvette sud et une cuvette nord séparées par un étranglement constitué de hauts fonds et appelé la Grande Barrière. Celle-ci est envahie par la végétation lorsque le niveau du lac est bas.
Les caractéristiques morphologiques dépendent étroitement des conditions hydrologiques, et notamment du niveau de l’eau qui peut varier très rapidement en quelques années. On distingue schématiquement trois états :

 

 

  • « Tchad Normal », qui correspond à une situation moyenne. L’altitude du plan d’eau est de 282 m pour une surface d’environ 20 000 km2. La profondeur moyenne de la cuvette sud est de l’ordre de 3 m, celle de la cuvette nord de  5 m.
  • « Petit Tchad » : l’altitude du plan d’eau est de 280 m. il y a séparation des cuvettes nord et sud par exondation de la Grande Barrière et assèchement de la cuvette nord. Le lac est alors réduit à la cuvette sud. Cette situation est survenue en 1975 par exemple et se poursuit actuellement.
  • « Grand Tchad » : l’altitude du plan d’eau est de 283 m et la surface est estimée à 25 000 km2. Cette situation a été observée de 1963-1965 par exemple.

Géologie
Le remplissage quaternaire du bassin es t de type fluvio-lacustre avec un empilement séquentiel de phases sableuses et argileuses. Les sédiments sont déposés sur une épaisseur de plusieurs centaines de mètres. La profondeur du socle  a été déterminée par réfraction sismique à 550 m dans la région de N’Djamena. Le socle s’enfoncerait de façon nord du lac et serait à 1500 m de profondeur à la frontière nigérienne. L’activité tectonique parait marquer la région selon une direction SW-NE et est confirmée par la présence de pitons rocheux (les « Hadjer »), situés au S.E  du lac et des anomalies gravimétriques au nord du 13ème parallèle.

LE LAC TCHAD
Vaste lac d'Afrique centrale, au sud du Sahara et aux frontières du Niger, du Nigeria, du Cameroun et du Tchad.

Vestige d'une ancienne mer, il occupe le centre d'une cuvette endoréique et couvre de 15 000 à 25 000 km2 selon les saisons (nombreux marécages). Peu profond (de 3 à 11 m), parsemé d'îles (polders et pâturages dans l'archipel du N.-E., en territoire tchadien), le lac est alimenté par le Chari, au S.-E., et par le Komadougou, au S.-O. Une forte évaporation et la capture du Logone par la Benoué pourraient un jour l'assécher

Le Bassin du Lac Tchad

  • Un Bassin hydrographique de 2.381.636 kilomètres carré au coeur de l ’Afrique soudano-sahélienne en bordure sud du désert du Sahara.
  • Le Lac Tchad, une étendue d ’eau douce peu profonde dont la superficie est passée de 25.000 kilomètres carré en 1964 à 9.000 à l ’heure actuelle.
  • Le Bassin Conventionnel ou « Actif » couvre 967.000 km2. Son réseau hydrographique est constitué par le système Chari-Logone-El Beid (90% des apports d ’eau au lac) et l ’ensemble Komadugu-Yobe.
  • La pluviométrie de la région varie entre 1.500 mm (zone soudanienne) au sud et 100 mm (zone sahélienne) au nord.
  • La région du Lac Tchad est depuis des millénaires un centre de développement, de commerce et d ’échanges culturels entre les populations du nord et celles du sud du Sahara.
  • A l ’heure actuelle la population de région est estimée à près de 30.000.000 d ’habitants.
  • Les principales activités économiques dans la région sont la pèche, l ’élevage, l ’agriculture et le commerce.

BASSIN HYDROGRAPHIQUE et BASSIN CONVENTIONNEL


PAYS Bassin Hydrographique Bassin Conventionnel
(Superficies en kilomètres carré)
Algérie 93.46  
Camerou 50.775 56.800
Niger 691.473 162.375
Nigeria 179.282 188.000
RCA 219.410 197.800
Soudan 101.048  
Tchad 1.046.196 381.980
Total 2.381.635 966.955

 

DIFFERENTS NIVEAUX DU LAC TCHAD

Grand Tchad, pour une altitude du plan d’eau voisine de 284 m avec une surface d’environ 25 000 km² et un volume de l’ordre de 100 milliards de m3.

 Moyen Tchad, pour une altitude moyenne voisine de 282 m, avec une surface moyenne voisine de 19 000 km² pour un volume évalué à 65 milliards de m3.

 Petit Tchad, pour une altitude moyenne voisine de 280 m, une surface de l’ordre de 10 000 km² et un volume moyen de 20 milliards de m3.

LE LAC TCHAD POURRAIT DISPARAITRE

•Vestige d'une ancienne mer, il occupe le centre d'une cuvette endoréique et couvre de 15 000 à 25 000 km2 selon les saisons (nombreux marécages). Peu profond (de 3 à 11 m), parsemé d'îles, le lac est alimenté par le Chari (90% des apports) et par le Komadougou (10% des apports). Une forte évaporation et la capture du Logone par la Benoué pourraient un jour l'assécher.
•Quatrième plan d’eau d’Afrique par sa superficie après les lacs Victoria, Tanganyika et Nyassa (lac Malawi) n’est plus qu’un moignon de la tache bleue figurant sur les documents.
•Tous les rapports sont formels : le lac Tchad est en voie de disparition. Le lac est, aujourd'hui, 20 fois plus petit qu'il y a 40 ans
•La région de ce lac, situé à l'intersection du Tchad, du Niger, du Nigeria et du Cameroun, subit un climat de plus en plus sec depuis quarante ans.
•Le changement de pluviosité qui s'est produit sur le Sahel autour de 1973 fait que le Chari, n'apporte plus en moyenne que 20 milliards de mètres cubes par an, contre le double dans la période 1950-68 .

•Le lac disparaîtrait totalement si le Chari cessait de couler.

Au début du siècle, le lac était navigable et, aujourd'hui, il ressemble plus à un grand marais dont la profondeur ne permet pas la navigation.

•Évolution irréversible ? Il faudra en tout cas bientôt trouver les moyens d'enrayer cette inexorable évaporation.

 

 

 
 
 
 
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